Allez-y même en train
cette exposition exceptionnelle n’est pas loin de la gare de Pau


Le 27 mars 1970 survenait le déraillement du pont de l’Estanguet qui mit fin (provisoire ?) à l’exploitation de la ligne internationale de Pau à Saragosse via Canfranc. Le 27 mars 2010, le CRÉLOC a tenu à se souvenir de cet événement, non pas en regardant les 40 dernières années, mais en regardant l’avenir, le Canfranc du 21e siècle.

Le matin
À 11 heures, rendez-vous était fixé à la presse régionale écrite et télévisée, aquitaine et aragonaise, au pont-tunnel de Clavère, sous la route nationale 134 à l’ex-PN 57 à 2 kilomètres au nord de Bedous.
Cet endroit insolite a été choisi en raison de sa modernité : c’est en effet un ouvrage d’une quinzaine d’années témoignant d’un investissement notable de l’État pour faire franchir la ligne à la RN 134. Un dossier de presse élaboré conjointement avec la Région Aquitaine a été remis à la presse (ci-joint). Les porte-parole de la CREFCO et du CRÉLOC se sont tour à tour exprimés, faisant part à la fois de leur satisfaction de constater que des tronçons de ligne sont déjà rénovés en Espagne ou programmés pour l’être en France, mais aussi de leurs vives inquiétudes quant aux effets bloquants de la « directive Bussereau » proscrivant toute réouverture de passage à niveau. Le remplacement des PN par des ponts alourdit considérablement les délais et les coûts de réalisation de réouverture, non seulement sur le Canfranc mais dans toutes les Régions qui s’engagent à promouvoir le transport ferroviaire. Nous aurons l’occasion de reprendre ce débat dès que la Région Aquitaine aura pu négocier avec l’État des conditions satisfaisantes de reprise des circulations sur le tronçon d’Oloron Sainte-Marie à Bedous.

L’après-midi
À 14 heures, le château Fénard, centre multiservice de Bedous, ouvrait ses portes à une soixantaine de personnes venues écouter les
intervenants que le CRÉLOC avait appelé pour animer le débat :
• Luis Granell, journaliste espagnol, il précisa l’état de la ligne du côté espagnol, entre Zaragoza et Canfranc, en rappelant que l’Espagne souhaiterait que la France donne des signes concrets engageant la réouverture de manière irréversible.
• David Grosclaude, journaliste et nouveau conseiller régional, rapporta les bénéfices du Canfranc en matière de protection de l’environnement et de ses capacités à réguler le flux de marchandises dont le transport par route ne s’impose pas nécessairement.
• Jürg Suter, cheminot et géographe suisse, démontra la capacité technique du Canfranc à absorber chaque jour 30 à 40 trains de voyageurs et autant de fret, tant en traction électrique que thermique.
• Robert Claraco, expert ferroviaire, annonça la création du premier opérateur ferroviaire de proximité, entité appelée à se développer pour assurer la capillarité du réseau ferroviaire partout où les « grands » exploitants rechignent à aller. Cet exemple trouverait toute sa pertinence dans l’exploitation du Canfranc.
Outre ces quatre animateurs très applaudis, le débat a également accueilli Bernard Uthurry, maire d’Oloron-Sainte-Marie et 1er vice-président du Conseil régional d’Aquitaine, en charge des infrastructures. Son assise locale et ses nouvelles fonctions sauront-elles être le levier politique tant attendu pour sortir le Canfranc de l’ornière ?
Ceci est notre acharnement, il y a 40 ans, on aurait pu remplacer le pont de l’Estanguet aussi facilement que ci-dessous, sauf qu’on n’avait peut-être pas ces moyens techniques et surtout pas cette volonté partagée qui s’est manifestée à travers cette journée.

Maintenant qu’on a la volonté, il ne manque que les moyens, et surtout que ces moyens ne soient pas détournés ou évanouis dans des perspectives lointaines, desquelles la plupart des citoyens ne verraient pas l’issue. Ce débat a démontré que l’ouverture doit se faire de suite, chaque année perdue en tergiversations dilatoires, est une occasion de moins de redonner vie à cet axe majeur afin que la nation soit conséquente par rapport à ses devoirs.
Ce 3 septembre, le ciel était plus couvert que pour le 25 août, mais l’essentiel était que la ligne ne se soit pas arrêtée et que les motrices thermiques, marchant au diesel que nous avons vu arriver en gare d’Oloron correspondent à un matériel acceptable.
Ce sont des trains de la série X 2200, c’est-à-dire un autorail actuellement en service pour les dessertes TER des lignes non électrifiées. Les 4 portes d’accès des voyageurs rappellent celles des voitures Corail. Les cabines de conduite sont situées en angle, ce qui constitue une particularité de ce matériel.
Pas de critique particulière, ce n’est pas du matériel vétuste, à peine dégradé par des tags, mais ce mal est une mode qui n’est pas encore trop répandue dans nos campagnes. Pour le moment, nous nous en tenons à notre prise de position vis-à-vis de la désélectrification.

Pour être le plus objectif possible, sans être soupçonnés de parti-pris, laissons le Sud Ouest nous relater les faits au moment du premier voyage.
PAU-OLORON. — Les moteurs diesel viennent d’être mis en service sur la ligne SNCF. Premières réactions des passagers
La voie diesel
:J.J.N.
12 h 08, le train express régional (TER) quitte la gare de Pau pour prendre la direction d’Oloron.
Sièges modernes, éclairage bien conçu, intérieur propre : le wagon est agréable. Mais quelques détails ne trompent pas. Comme ces vitres de séparation qui vibrent derrière quelques sièges, et surtout ce bruit, très caractéristique, qui accompagne le départ. Pets monotones et réguliers de l’échappement, tremblements des tôles… Pas de doute, le TER est équipé d’un diesel. Une impression accentuée par les surprenants souffles, sifflets et bruits de frottement qui accompagnent le départ du train sur les premiers kilomètres de voie.
Sans parler de l’insistant « tagadac… tagadac » provoqué par les roues au passage de chaque jointure de rail. Comme si l’on voulait souligner un peu plus encore le caractère rural de la ligne. Rien à voir avec le ronronnement des TER de la ligne Pau-Bordeaux.
« Polluant ». Tous ne l’apprécient pas. Ces jours derniers, 200 cheminots rassemblés à l’appel de la CGT et du syndicat Sud Rail ont investi la gare d’Oloron pour protester, devant Alain Rousset, le président du Conseil régional (l’institution qui gère les TER), contre l’abandon de la traction électrique au profit du thermique sur certaines lignes. « La situation est provisoire », ont expliqué des élus. Elle est rétrograde et polluante au moment où tout le monde cherche à lutter contre le réchauffement climatique, leur ont rétorqué les cheminots.
Les passagers, eux, n’ont pas la même verdeur de langage. Et mercredi, pour les premières heures de la mise en place de la traction diesel, peu d’entre eux semblaient même avoir remarqué le changement. À l’image de ces deux élèves du lycée professionnel de Gelos, qui ne trouvaient rien à redire au confort de la rame. Leur voisin, un habitant de Buzy, notant juste pour sa part « un peu plus de bruit. Comme si on revenait sur un train plus ancien. »
« RAS ». Par contre, l’intérêt de la ligne est souligné par beaucoup. Telle cette orthophoniste paloise qui a décidé de s’abonner. « Ce train-là, je vais le prendre une fois par semaine. C’est pratique. On peut emmener son vélo. Il y a un espace pour cela. Et ça ne met pas plus longtemps qu’un trajet en voiture ».
Le moteur diesel ? « Ce qui me gêne plus, c’est la pollution qu’il peut provoquer. Pour le reste, le wagon est confortable. Beaucoup plus qu’un train TER que j’ai pris à Bayonne, et à propos duquel je m’étais vraiment demandée où on était allé le chercher. »
Mêmes échos chez deux Oloronaises tout en sourires. « Tous les trains font du bruit. À part le TGV… Et celui-là, il est quand même bien pratique pour se rendre à Pau. Non, vraiment, rien à signaler. » « Si l’électricité est moins polluante que le diesel, autant l’utiliser », enchaînent deux Ch’timis venus faire du tourisme en Béarn. « Mais ce qui importe surtout, c’est qu’il y ait plus de trains partout, et des passages plus fréquents sur des petites lignes. À propos, elle ouvrira quand la Pau-Canfranc ? »

e symbole majeur de ce que le CRÉLOC doit faire sauter dans les consciences :
le butoir réglementaire de la gare d’Oloron, en direction de Canfranc.
[photo François Rebillard, décembre 2013]
Le format de La Lettre du CRÉLOC de l’hiver 2013-2014 ne permettait pas la parution intégrale de l’article montrant l’attente des Espagnols pour la réouverture de la partie française de la ligne Goya. Voici l’article intégral, nous le rangerons ensuite dans nos dossiers.
La crise affecte les infrastructures espagnoles
L’Espagne a réalisé un très grand effort dans le domaine de la haute vitesse ferroviaire (voyageurs interrégionaux). Elle est le pays du monde qui en compte le plus de kilomètres par habitant.
Mais la crise est passée par là, et le réseau ancien n’a pu être gardé à niveau ; il est utilisé par le trafic de marchandises, assez marginal (5 % des transports terrestres). Des lignes anciennes ferment, des arrêts sur les lignes existantes sont supprimés, au grand dam des usagers.
Il avait été créé un groupe quadripartite (États français et espagnol, Régions Aquitaine et Aragon) qui s’est prononcé en novembre 2011 sur le rétablissement du trafic international Pau–Saragosse.
Un calendrier de la réouverture devait être établi (il a fallu que nous attendions mars 2013 pour l’avoir), et une étude sur l’impact socio-économique de cette réouverture demandé à l’État français, qui n’a pas été réalisée.
La politique de l’Aragon sur la liaison transfrontalière
La voie ferrée Saragosse–Canfranc possède un trajet commun avec la ligne classique Saragosse–Barcelone jusqu’à Tardienta. Sur ce tronçon, elle possède deux voies, l’une à écartement ibérique, l’autre avec le standard européen. Depuis Tardienta jusqu’à Huesca, une seule voie reste avec le double écartement, et elle est électrifiée.
Des projets de réhabilitation entre Huesca et Jaca existent et commencent à connaître des suites.
Le Canfranc a toujours une bonne image en Aragon : sa construction a été, en son temps, le moteur du développement économique, et le désenclavement par le nord un puissant facteur.
Le Partido Popular, majoritaire en Aragon (et en Espagne), n’a donc pas eu de mal à signer le protocole d’accord de mars 2013 avec la Région Aquitaine.
Il appelle maintenant l’État espagnol à prendre le relais, comme il le demande aussi à la France.
Les attentes du monde économique de Saragosse
Depuis longtemps, la volonté des entrepreneurs aragonais est de commercer avec l’Europe du nord et de s’insérer dans le réseau européen. Pour ce faire, ils n’ont que les deux sorties de part et d’autre des Pyrénées (Hendaye et Portbou). Un accès direct à Dax ou Narbonne par Canfranc aurait le mérite de court-circuiter ces goulets d’étranglement et d’être plus direct.
Beaucoup d’entreprises de Saragosse sont fortement exportatrices : Général Motors voitures, BSH électroménager, SAICA papier…
Le trafic qui traverse les Pyrénées vers le nord n’a pour l’instant d’autre alternative que les camions. Et ces industries pensent très fortement à utiliser le Canfranc. Une réunion à laquelle participaient une cinquantaine de chefs d’entreprises l’a réaffirmé en 2006 à Saragosse.
Tout le monde a entendu parler de la plateforme multimodale Plaza gérée par l’ADIF (équivalent espagnol de RFF).
Mais il existe aussi une gare de triage privée : Terminal Maritima de Zaragoza appartenant au port de Barcelona et à l’entreprise Mercazaragoza. Un programme, ALIA, a créé un forum d’intermodalité où sont étudiées les possibilités de constituer des trains multi-clients. De cette gare, trois trains de 1000 tonnes partent actuellement chaque semaine, et le potentiel est non négligeable. Par exemple de la luzerne déshydratée est envoyée dans les Émirats Arabes.
Cette gare est en pleine expansion. Donc l’ensemble des échanges économiques de l’Aragon offre un potentiel incomparable.
C’est pourquoi la confédération régionale des chefs d’entreprise d’Aragon et le président des chambres de commerce et d’industrie d’Aragon ont cosigné, le 16 mars 2012, avec les divers partis politiques, des syndicats et la CREFCO (notre homologue aragonais) un document :
« AHORA EL CANFRANC » dont vous trouverez la traduction ci-jointe.
Quelles perspectives ?
Bien sûr, il semble que nous ayons dans la région un potentiel économique moindre, mais le flux sud-nord prévisible permettrait, en retour, un développement nord-sud.
Et ceci nécessite que la liaison soit rétablie le plus rapidement possible, d’emblée avec le même écartement européen, et une ligne électrifiée.
Cela aurait l’avantage d’éviter l’invasion des Pyrénées par les poids lourds.
Qui nous dira qu’une ligne internationale existante, avec de telles possibilités, n’est pas un pari d’avenir ?
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Jacques Couratte-Arnaude et Luis Granell.

Extrait de la carte ferroviaire de la RENFE (voir la carte…)

L’embrachement ferroviaire de Tardienta, au nord-est de Saragosse.
[photo Luis Granell]
Sur la photo, à l’horizon, la gare de Tardienta dans laquelle on distingue la voie qui s’éloigne au fond à droite, c’est la classique à écartement ibérique vers Barcelone. Les deux voies qui s’incurvent à gauche se dirigent vers Huesca, l’une à écartement ibérique (celle qui bifurque de la voie de Barcelonne), l’autre, à l’extrême gauche, est à écartement standard (UIC).

Été comme hiver, y a toujours une activité vers les Pyrénées
provisoirement infranchissables…
[photo François Rebillard, décembre 2013]

La RENFE envoie encore ses trains à Canfranc, mais ils devront faire demi-tour,
l’Aragon attend toujours…
[photo François Rebillard, décembre 2013]
revoir le film du 2 février :
http://midi-pyrenees.france3.fr/emissions/pyrenees-pirineos
En attendant, on peut adhérer au CRÉLOC :
Le public a bien vu qu’on cherchait à mettre des bâtons dans les roues des trains pour retarder la réouverture de la ligne Oloron–Canfranc, les dernières mesures dilatoires touchaient aux passages à niveau de la RN 134. Selon une nouvelle loi, il était interdit de construire une nouvelle voie avec des passages à niveau, ce qui revenait à interdire la ligne Goya, bien qu’elle ait 81 ans cette année. Il était nécessaire de faire le point sur le sujet :
Les passages à niveau
des obstacles surtout psychologiques (sauf en Suisse)
Le passage à niveau (PN), comme son nom l’indique bien, est le lieu du franchissement d’une voie ferrée par une route (passage) au même niveau (à niveau) donc ni au-dessus (supérieur) ni au-dessous (inférieur). La première conséquence évidente en est la possibilité de collision entre les véhicules ferroviaires et routiers à cet endroit-là. Les véhicules ferroviaires ayant pour particularité un coefficient d’adhérence au sol largement inférieur à celui des véhicules routiers (rançon d’un très faible coefficient de frottement pour les premiers par rapport aux seconds, d’où leur célèbre sobriété énergétique), il leur est impossible de circuler « à vue », sauf à 30 km/h environ.
L’extrême dangerosité d’une éventuelle collision a conduit dès les débuts du chemin de fer à choisir une solution radicale : l’interdiction temporaire du passage routier, souvent physiquement par des barrières, sauf dans les cas de toutes petites routes ou chemins. Pour ces derniers, le PN est traité comme une intersection routière, sans aucun mécanisme de barrière ni signalisation lumineuse ; un panneau routier dit « croix de Saint-André » joue le rôle du panneau « Stop » d’une intersection.
Pendant de longues années, les PN étaient « gardés » : un agent était chargé de manœuvrer les barrières (lourdes barrières rouges et blanches), au moyen d’un mécanisme à manivelle lorsqu’elles étaient basculantes, directement lorsqu’elles étaient roulantes. L’arrivée d’un train étant signalé par le tintement d’une sonnerie elle-même déclenchée par d’ingénieux dispositifs électromécaniques placés sur la voie, actionnés par les roues du train. La présence de l’humain évitait, presque à coup sûr, un emprisonnement d’un véhicule entre les barrières, pourtant manœuvrées simultanément et de longueur égale à la largeur de la chaussée. L’humain(e) en question était logé(e) avec toute sa famille dans une de ses maisonnettes au charme discret sises à proximité immédiate des PN.
De nos jours, il n’y a pratiquement plus un seul PN gardé, et le « PN à SAL » règne en maître sur les voies de France et de Navarre. SAL : Signalisation Automatique Lumineuse. Il s’agit donc d’un « robot », dont les barrières se ferment dès l’approche du train (détecteur placé à une distance cohérente avec la vitesse maximale des trains sur la portion de ligne concernée) et se rouvrent dès le dégagement par celui du segment de voie de quelques mètres croisant la route (« circuit de voie court »). Pour pallier à un éventuel (bien que très peu probable) non-abaissement des barrières, le PN est équipé de deux puissants feux rouges qui clignotent dès la détection de l’approchent du train, quelques secondes avant le début de la descente des barrières. Tant que les barrières ne sont pas en bas, une puissante sonnerie retentit. Le code de la route est formel : c’est le clignotement des feux qui à lui seul signifie l’interdiction totale de franchissement du PN. L’humain ayant disparu, parti à la ville dans son HLM manger du poulet aux hormones*, le risque de coincement d’un véhicule entre les barrières devint réel. De ce fait, les barrières ne font plus que la moitié de la longueur de la chaussée, afin de permettre de continuer après un franchissement un peu « tardif ». C’est le PN à SAL 2 : PN à deux demi-barrières, chacune d’elles barrant la moitié droite de la chaussée en abordant le PN. Certains PN « importants » sont du type SAL 4, c’est-à-dire à quatre demi-barrières, les deux demies de gauche s’abaissant après les deux premières, le tout au prix d’un cycle plus long en temps.
Dernière subtilité : les demi-barrières droites (SAL 2 ou 4) sont équipées d’un lest au niveau du pivot dont l’effet est de les abaisser ; Elles sont maintenues ouvertes par l’action d’un frein, lui-même serré par un électro-aimant. Il en résulte qu’en cas de panne prolongée de l’alimentation électrique du PN (style tempête…), après épuisement des batteries, le frein se desserre, et les barrières s’abaissent, fermant le PN. Grand principe de base de la signalisation : la panne doit conduire à un état de sûreté maximal. Pour le SAL 4, les deux demi-barrières gauche ont le lest placé de façon à ouvrir la barrière.
Détail pratique : tout PN est équipé d’un téléphone permettant d’appeler le service ferroviaire en cas de panne. Donc, même sans votre portable, vous pouvez avertir quand il est évident que le PN est en panne.
Pour les toutes petites lignes, parcourues à faible vitesse, il existe le PN à SAL FC, FC pour « fermeture conditionnelle ». Dans celui-ci, la fermeture est déclenchée par un bouton poussoir au bord de la voie près du PN ou par une commande radio, un panneau au bord de la voie « Cde Radio » signalant l’endroit d’envoi du signal. Le franchissement du PN par la circulation ferroviaire est alors subordonné à la présentation de deux feux verts fixes dont l’allumage est tributaire du contrôle de fermeture des deux demi-barrières.
Malgré toute l’ingéniosité déployée pour rendre le plus fiable possible le fonctionnement des PN, force est de constater qu’ils sont à l’origine d’un grand nombre d’accidents chaque année. À l’origine ? Voire ! En fait pas plus que les intersections diverses que l’on peut rencontrer sur le réseau routier, et ce pour la même raison : La capacité presque illimitée qu’a l’être humain à se considérer comme invulnérable et donc à adopter des comportements totalement déraisonnables. Et en particulier lorsqu’il se trouve au volant d’une automobile (ou au guidon d’une moto…) ; n’oublions pas ce que disait le regretté René Dumont : « La voiture, ça tue, ça pollue et ça rend con. » Bref, dans l’immense majorité des cas, l’accident est dû à un non-respect du code de la route. Et c’est ainsi qu’après « l’accident de trop », notre brillant ministre des transports a décidé de proscrire tout PN sur toute nouvelle ligne ferroviaire.
Autant cette initiative est raisonnable sur des lignes parcourues à des vitesses soutenues, et d’ailleurs déjà bien avancée (plus de PN sur les lignes à vitesse supérieure à 160 km/h, de moins en moins sur les autres, de nombreux PN étant supprimés chaque année du réseau) autant elle est contestable sur les autres lignes. En fait, elle revient à sanctionner le mode de transport qui n’est pas à l’origine des accidents, dans le souci de ne surtout pas pénaliser le mode routier ; Y a-t-il un texte interdisant la construction de toute nouvelle route avec des croisements ? Généralisant l’usage de l’échangeur ? Non, bien sûr ! Résultat : les devis de réouverture de nombreuses lignes abandonnées font plus que doubler, enterrant définitivement ces projets, faisant même disparaître leurs associations de défense.
Dans le cas du Canfranc, il est remarquable de constater que le seul passage dénivelé construit l’a été par la Région Aquitaine, à ses frais, d’ailleurs sous les quolibets des « amis du Canfranc », l’administration des routes s’étant, elle, bien gardée de transformer les « emprunts » dits « réversibles » en passages supérieurs ou inférieurs…
Ajouter aux barrières un obstacle physique supplémentaire, de nature à rendre presque totalement impossible le passage d’un véhicule routier lorsqu’il est activé, après l’abaissement des barrières bien sûr. C’est ce qui existe en Russie [voir photo], d’après sa configuration, il n’est d’ailleurs pas impossible que cet obstacle soit franchissable dans un sens, se rabattant sous le poids du véhicule ; dans l’autre sens, en revanche… bienvenue aux chicaneurs !

Système russe de protection impérative.

Détail des panneaux relevants. Un tel système existe aussi sur les têtes de ponts mobiles tournants pour arrêter les véhicules lorsque le pont est ouvert à la navigation.
Équiper les PN d’un système de caméra numérique, ne filmant que lorsque le PN est activé (feux rouges) histoire de pouvoir envoyer le courrier du Trésor Public aux audacieux, sans oublier la pompe à points, bien sûr. Système probablement bien moins cher que la construction d’un pont ! Car malheureusement, il se dit que les « chicaneurs » sont des habitués, coutumiers du fait. Et si vous avez la certitude que tout franchissement de PN dont les feux clignotent depuis x secondes se traduira par une somme rondelette à payer et quelques points en moins, nul doute que vous serez vigilant !
Petit calcul simple : si le cycle du PN dure quatre minutes, avec 20 trains par jour, cela fait 80 minutes par jour ; les passionnés d’informatique se feront un plaisir de calculer tous les combien il faudra récupérer la mémoire.
PATRICK MARCONI
vice-président du CRÉLOC
chargé des questions techniques
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(*) Les éventuels poulets échappés par mégarde de la maison du garde-barrières n’ont jamais constitué un réel inconvénient pour le rail, ni pour la route d’ailleurs. Par contre le lien social a disparu. On se souvient de la garde-barrières du PN 87 qui, le 25 mai 1920, recueillit le président de la République Paul Deschanel, tombé du train par accident, et encore en pyjama. Elle le soigna, le réconforta — peut-être avec du lait de poule — et le mit au lit en attendant les autorités. Elle déclara à la presse : « J’avais bien vu que c’était un monsieur, il avait les pieds propres. » C’est un trait qui montre qu’en haut lieu, on a tort d’ignorer l’humanisme des gardes-barrières… [n. d. l’op.].≤
Les Suisses, on le sait, ont tout misé sur le rail, leur pays étant comme une vallée d’Aspe au centuple, mais avec beaucoup plus d’habitants et une fragilité de l’environnement analogue à la nôtre. Ce n’est pas dans cette nation qu’on va entendre de longs gémissements sur les embarras causés par les chemins de fer.
Pour avoir une idée des passages à niveau suisses, voici quelques illustrations avec des légendes adaptées :

Ce n’est pas la vallée d’Aspe, la route est trop petite,
pas de barrières, un feu et la croix de Saint-André suffisent.

Ce n’est pas le rond-point de Bidos mais c’est en ville,
deux barrières simples, le platelage se confond avec la chaussée.

Ce n’est pas la la gare de Bedous, mais il y a deux voies et un quai,
les barrières sont doubles, elles sont fermées, le train va passer.
Le CRÉLOC prépare une brochure d’information pour le public, résumant en 9 points la problématique de la ligne Pau–Canfranc–Saragosse. Le texte est toujours à l’étude afin qu’il soit aussi clair que possible et à la portée de tous les nouveaux venus. Vous pouvez encore le critiquer. Du résultat dépendra l’illustration.
| Le Canfranc : 9 questions — 9 réponses 1 Lors de notre passage dans le Béarn, nous avons longé une voie ferrée en nous rendant d’Oloron en Espagne, par le Somport ; quelle est cette ligne de chemin de fer ? Il s’agit de la ligne internationale du transpyrénéen occidental de Pau à Saragosse, via Canfranc, reliant la France à l’Espagne par le Béarn et l’Aragon. On l’appelle communément « le Canfranc », du nom de la fabuleuse gare frontalière aux dimensions étonnantes (250 mètres de long). Rouverte, toute la ligne portera le nom de ligne Goya, du nom du peintre né à Saragosse et mort à Bordeaux. La ligne fut inaugurée en 1928. La relation ferroviaire est interrompue depuis 1970 à la suite d’un déraillement sur le versant français. Pour faciliter sa présentation, on peut actuellement distinguer 4 tronçons : = de Pau à Oloron-Sainte-Marie : 36 km ouverts aux voyageurs et parcourus en autorail par 16 TER Aquitaine (trains express régionaux) chaque jour de semaine. = d’Oloron-Sainte-Marie à Bedous : 25 km sans trafic depuis 1985 ; le Conseil régional d’Aquitaine a décidé de le rouvrir fin 2010. = de Bedous à Canfranc : 32 km fermés depuis 1970 ; c’est le plus beau tronçon de la ligne où viaducs et tunnels se succèdent, dont notamment le tunnel hélicoïdal de Sayerce à Urdos (la voie ferrée monte en une vaste spirale au cœur même de la montagne) et le tunnel ferroviaire transfrontalier du Somport de près de 8 km de long qui débouche sur la gare internationale de Canfranc à près de 1 200 mètres d’altitude, toujours en service en Aragon. = desde Canfranc hasta Zaragoza : 205 km sur le versant espagnol, moins abrupt, plus aride, avec des paysages surprenants qui conduisent à la ville qui abrita l’exposition internationale de l’été 2008. Sur ce versant, la ligne de chemin de fer est parcourue par des trains de voyageurs et de fret, le trafic étant plus dense aux abords de Saragosse (Zaragoza). 2 Pourquoi cette liaison ferroviaire internationale est-elle fermée ? En 1970, à la suite d’un train de marchandises abandonné en roue libre qui détruisit un pont sur le gave d’Aspe sans faire de victimes, la France décida de ne pas rétablir la ligne sous prétexte qu’elle n’était pas économiquement rentable. Il est vrai qu’il y a quarante ans son trafic était modeste, tant du côté des voyageurs : populations rurales du haut Béarn, pèlerins espagnols se rendant à Lourdes, que du côté des marchandises quasi exclusivement représentées par du maïs expédié du Béarn en Aragon. 3 Pourquoi ne rouvre-t-on pas cette ligne ? Il semble qu’aujourd’hui, avec l’Europe, le contexte économique a changé ! D’ailleurs, nous avons vu beaucoup de camions sur la route RN 134 qui longe la voie ferrée. Effectivement, le contexte économique a tellement changé que le trafic routier régional et international a considérablement augmenté, au point qu’en 2003 il a fallu percer un tunnel routier au Somport, parallèle au tunnel ferroviaire, afin d’assurer par tout temps le transit des camions européens. Aujourd’hui 300 poids lourds empruntent chaque jour du lundi au vendredi ce nouvel ouvrage, sans doute trois fois plus dès 2012 lorsque seront achevées les autoroutes espagnoles gratuites qui convergeront vers Jaca. Régulièrement, et ce depuis l’origine de l’interruption du trafic, les deux pays se réunissent pour étudier les conditions d’un éventuel rétablissement de la ligne du Canfranc. Rappelons que la France et l’Espagne sont liées depuis 1928 par un traité international à effet d’assurer la continuité de la liaison ferroviaire. Des deux côtés de la frontière, l’opinion publique plébiscite le Canfranc, aucun élu ne s’oppose franchement à la réouverture de la ligne et les chefs d’État se prononcent même en sa faveur ! Mais force est de constater que la volonté politique n’est pas suffisamment puissante, sauf actuellement du côté de la Région Aquitaine, mais elle ne peut supporter seule le coût de la remise en service de la totalité de la ligne ! 4 Quelles sont les perspectives économiques ? Il doit bien y en avoir de réelles, si l’on en juge au nombre de poids lourds et de camping-cars qui empruntent la RN 134 ? Assurément, les perspectives encourageantes sont de deux ordres : les voyageurs et le fret. D’une part, celles tenant aux voyageurs : — en local, le TER a bondi de 10 % entre Pau et Oloron. À Oloron même, un riche bassin d’emplois de 4 000 salariés (aéronautique Messier-Dowty, chocolats Lindt…) génère d’importants déplacements quotidiens domicile–travail. — en régional, la vallée d’Aspe est très prisée par les Bordelais et Toulousains, pour la grimpe l’été et la glisse l’hiver. — en international, les Espagnols sont très friands des stations de ski pyrénéennes et des pèlerinages à Lourdes. Saragosse est la 5e agglomération espagnole. À ces données actuelles, n’oublions pas d’ajouter le formidable appel d’air que va créer le TGV lorsque la Ligne à Grande Vitesse Paris–Bordeaux–Espagne sera achevée à l’horizon 2016. D’autre part, celles concernant le fret : — 2 grands pôles économiques se font face, de part et d’autre du Somport. L’un en France, à Pau-Lacq, qui produit de la chimie (Arkema, Air Liquide…), des engrais (Yara France) et des céréales (Euralis, avec le maïs omniprésent dans le Sud-Ouest ; Sudépis implanté en Midi-Pyrénées) ; l’autre en Espagne, à Saragosse, qui produit des voitures (General Motors), de la métallurgie (Arcelor Mittal) et du papier (Saica) : le Canfranc est le trait d’union par excellence. Une étude économique espagnole révèle que les entreprises sont prêtes à confier aux rails du Canfranc entre 1,5 et 3 millions de tonnes annuelles. Les Aragonais craignent que, faute de communication ferroviaire avec l’Europe, les activités se déplacent vers la Méditerranée. 5 Nous avons entendu dire que les wagons ne pourraient pas passer dans le fameux tunnel hélicoïdal de Sayerce, près d’Urdos : qu’en est-il exactement ? Que de fariboles à ce sujet ! Souvenons-nous que le réseau ferroviaire français a été construit pour l’essentiel dans la 2e moitié du XIXe siècle et que c’est précisément sur ce réseau que roulent aujourd’hui les TGV, les TER, les trains de fret… Cela veut dire que wagons de marchandises et voitures de voyageurs de notre époque sont construits pour circuler sur nos voies ferrées d’il y a 150 ans. Le tunnel hélicoïdal de Sayerce — pas encore centenaire — peut être traversé par tous les trains d’aujourd’hui. Et si son tracé original laisse encore un doute dans l’esprit des sceptiques, nous écarterons leur défiance en indiquant qu’un tunnel semblable existe dans les Alpes : il s’agit du tunnel de la Boucle, près de Moutiers, sur la ligne de Chambéry à Bourg-Saint-Maurice, empruntée en masse par les TGV et trains de nuit acheminant les skieurs. Mais nous ne quitterons pas ce sujet sans citer le tunnel de Saillens, à L’Hospitalet, près l’Andorre, autre ouvrage hélicoïdal sur la ligne toujours en activité du transpyrénéen oriental de Toulouse à Latour-de-Carol, construit à la même époque que le Canfranc. Ici aussi, le rayon de courbure est conforme à la norme et il ne sera peut-être même pas besoin d’abaisser le radier (le sol) comme il était primitivement suggéré dans l’étude. 6 À propos du tunnel ferroviaire du Somport : on prétend que, puisqu’il sert de tunnel de secours au tunnel routier qui lui est parallèle, il ne pourra plus être à nouveau utilisé par les trains. Est-ce vrai ? Techniquement, rien ne s’oppose à ce que le tunnel ferroviaire du Somport retrouve son activité initiale tout en conservant son rôle récent de tunnel de secours routier. Les rails seraient « noyés dans la chaussée ». En clair, de même que les rails des tramways de nos grandes villes ou les rails des voies ferrées sur les quais maritimes, permettent le passage des automobiles, de même, les rails du Canfranc affleureraient la route de l’itinéraire de secours. C’est d’ailleurs ce dispositif qui a été retenu dans la vallée de Chamonix : en cas de fermeture de la route franchissant le col des Montets, la circulation des automobiles est déviée par le tunnel ferroviaire des Montets, spécialement aménagé à cet effet. Une signalisation lumineuse parachève la sécurité des circulations alternées ainsi mises en place. 7 Quel serait le montant des travaux ? Car, s’il n’y a pas d’obstacles techniques notoires, et s’il y a un potentiel de trafic bien réel : toutes les conditions devraient être réunies pour rouvrir ! Rappelons que des engagements sont déjà pris publiquement pour que le tronçon Pau–Oloron soit entièrement rénové en 2010 et pour que Oloron–Bedous soit rouvert à la même échéance. Dans un premier temps, les voyageurs peuvent revenir à Canfranc et y changer de train (car l’écartement des voies françaises et espagnoles est différent) si les pouvoirs publics français consacrent 100 millions d’euros à la réouverture de la ligne. Dans un second temps, les trains de fret, plus lourds, pourront circuler sur l’axe électrifié Pau–Saragosse si la France et l’Espagne investissent un peu moins de 300 millions d’euros pour ce rétablissement intégral. Ces sommes — si importantes qu’elles puissent paraître — restent infimes si on les compare aux 8 milliards d’euros que des groupes de pression disent vouloir consacrer au percement d’un tunnel ferroviaire de 50 km dans les Hautes-Pyrénées sous le Cirque de Gavarnie ! Qui peut le plus, peut le moins ! 8 Vous parlez sans doute de la TCP, la traversée centrale des Pyrénées : pourquoi ne pas la réaliser à la place de la réouverture du Canfranc ? Outre le coût pharaonique de la TCP (une seule année de remboursement d’emprunt payerait la rénovation de l’axe Pau–Saragosse !), sa réalisation ne verrait pas le jour avant 2030. Prenons l’exemple comparable du tunnel ferroviaire de 50 km entre Lyon et Turin dont le chantier est en cours de démarrage : entre les premières études et sa mise en service, 30 ans se seront écoulés. Un tel délai est totalement déraisonnable pour attendre les services espérés de la TCP. Par contre, rapidement remis en fonction, le Canfranc constituera une excellente pompe d’amorçage pour les trafics ferroviaires franco-espagnols. Si les opportunités le justifient, il sera toujours temps de mettre en œuvre la TCP. Autrement dit, « un tiens — le Canfranc — vaut mieux que deux tu l’auras — la TCP ». 9 Face aux tergiversations et atermoiements des hommes politiques, personne ne se mobilise pour le Canfranc ? Bien sûr que oui ! La mobilisation en faveur du Canfranc date de 1986 : elle est représentée par le CRÉLOC (Comité pour la RÉouverture de la Ligne Oloron Canfranc) dont le but est de rappeler sans cesse aux différents échelons des instances régionales, nationales et européennes que la ligne du Canfranc : — répond pleinement aux exigences du Grenelle de l’Environnement, loi de 2008 votée à l’unanimité ; — est un puissant levier économique pour l’Aquitaine et l’Aragon ; — n’est pas plus chère qu’un projet routier de dimension régionale ; — peut être rétablie en moins de trois ans, tout en offrant un chantier de référence pour les entreprises de Travaux Publics. Le site internet de cette association peut être visité à l’adresse suivante : http://creloc.intermodalite.com Les nouveaux adhérents sont les bienvenus. De l’autre côté des Pyrénées, une association similaire milite avec les mêmes objectifs : la CREFCO (Coordinadora para la Reapertura del Ferrocarril Canfranc Olorón) dont l’adresse du site est : http ://www.crefco.org Pour nous, maintenant, tout cela est parfaitement clair : le Canfranc, c’est l’avenir ! Reapertura, ya ! |
Dès la conception du Canfranc, la Suisse était prise en exemple au point de vue ferroviaire,
elle est toujours un exemple pour le transport en pays de montagnes.
Les tunnels du Lötschberg*Tous les tunnels sont utilesLe tunnel de base de 34 km est un modèle à plus d’un titre : il permet de franchir les alpes bernoises à 220 km/h, de déboucher sur la haute vallée du Rhône et le Valais et, au-delà, par le tunnel du Simplon de filer vers l’Italie. Il est inauguré en juin 2007 après sept ans de travaux. C’est le BLS : Berne–Lötschberg–Simplon. Le tunnel de faîte du Lötschberg, inauguré en 1913 continue à fonctionner pour les voyageurs et le fret. La comparaison proposée par Jürg Suter dans la très officielle revue « Swiss Traffic n° 43 de juin 2007 (pp. 14-15) et distribuée à 20 000 exemplaires lors de l’inauguration est claire : « le trafic ferroviaire sur le Canfranc peut servir de point de départ pour le grand projet de tunnel de base. » Et de conclure ainsi un bel article de deux pages : « Il y a cent ans environ, les constructeurs du tunnel ferroviaire du Somport avaient échangé leurs expériences avec les spécialistes du tunnel du Simplon. À présent le même axe de circulation envoie à nouveau des signaux jusque dans les Pyrénées. » La leçon politique suisse : dès 1992 une votation populaire décide avec 63 % de OUI la restriction, le contingentement chiffré des camions en transit et la construction de tunnels de base sur les deux axes du BLS et du Saint-Gothard. Le report modal en faveur du rail est ainsi planifié avec un calendrier. La Suisse diminue ses dépenses routières. Le financement est décidé par la votation : taxe sur essence et gasoil et une part de 0,1 % de la TVA sont affectés au rail.
À la différence de la France la Suisse ne cherche plus à soutenir artificiellement le lobby routier, elle a fait son choix, d’ailleurs imposé à ses voisins par la Convention alpine : priorité au fer. La Suisse renoue avec les investissements lourds de la fin du 19e siècle, lorsqu’elle dépensait 3 % de son PNB pour ces percées alpines qui ont permis l’aménagement du territoire, l’unité du pays et le dynamisme économique que l’on sait. Il est temps que les élus français cessent de promettre et le rail et la route. Il faut choisir. Et d’ailleurs l’étude TTK sur le Canfranc, payée par la Région Aquitaine préconise un péage pour les poids lourds. Alain Rousset l’évoque parfois. Mais qu’alors on cesse de proposer des autoroutes jusqu’à Oloron M. le président !
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L’entrée du nouveau tunnel de base.

L’ancien tunnel de faîte toujours en service.

Un train de ferroutage se préparant pour le passage des Alpes bernoises
par le tunnel de faîte.
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(*) On trouve aussi l’orthographe Loetschberg, le ö est une norme moderne de l’allemand, elle est aujourd’hui majoritaire.
On peut s’abonner à l’excellente revue SwissTraffic au siège le numéro 43 peut être téléchargé ici (2,6 Mo).
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La ligne Goya, son tronçon Bedous–Canfranc comporte un ouvrage remarquable, bien que très peu visible si on ne sort pas de la RN 134. Il s’agit du tunnel hélicoïdal de Sayerce au sud de la commune d’Urdos.
Il s’agit de gagner progressivement de l’altitude dans une large courbe en hélice maintenant un rayon de courbure très large. Cette courbe peut être aérienne, portée par un viaduc, ou souterraine dans le flanc de la montagne comme ici le tunnel de Sayerce à Urdos. Le CRÉLOC a produit une note sur cet ouvrage.
À titre d’exemple, voici un viaduc hélicoïdal suisse qui a la même fonction que le tunnel de Sayerce :

Il s’agit de gagner progressivement de l’altitude dans une large courbe en hélice maintenant un rayon de courbure très large. Cette courbe peut être aérienne, portée par un viaduc, ou souterraine dans le flanc de la montagne comme ici le tunnel de Sayerce à Urdos.
À titre d’exemple, voici un viaduc hélicoïdal suisse qui a la même fonction que le tunnel de Sayerce :
-1 LE CANFRANC: Un choix technique adapté et immédiatement opérationnel
Le CRELOC soutient que le seul moyen de proposer une solution permettant d’enrayer à court terme et à un coût raisonnable pour la collectivité l’explosion du transport routier à travers les Pyrénées est la réactivation de l’axe ferroviaire Pau – Saragosse par Canfranc, aujourd’hui neutralisé entre Oloron et Canfranc par la volonté de l’Etat français. La validité technique et économique de cette ligne a été à nouveau validée par l’audit de TTK.
-2 Le CANFRANC:Un cas d’école exemplaire
Enrayer cette croissance du transport routier à travers les Pyrénées, c’est aussi participer à la réduction de celui-ci en Espagne, en France et en Europe. Et aussi participer à une réduction des nuisances et des coûts liés à l’explosion du transport routier.
-3 Le CANFRANC réconcilie économie et écologie
C’est aussi oeuvrer pour le respect du protocole de Kyoto et une diminution de la dépendance de nos économies, de notre économie à tous, vis à vis du pétrole, appelé à devenir toujours plus cher parce que toujours plus rare.
Aujourd’hui, la route, que se soit au Somport ou au Pourtalet, fait la preuve qu’elle n’est qu’un long cortège de dépenses de travaux publics. L’accident du 4 Juin au tunnel routier franco-italien du Fréjus nous rappelle la grande dangerosité et la vulnérabilité du « tout camion ».
-4 Le CANFRANC:une solution juridique européenne:le GEIE
Le CRELOC soutient qu’il est nécessaire de confier l’exploitation de cet axe à un seul et unique opérateur ferroviaire, celui-ci pouvant être de droit privé, ou bien un GEIE (Groupement Européen d’Intérêt Economique), ou bien une société mixte, ou autre.
-5 Le CANFRANC bénéficie d’un réel soutien populaire
Le gouvernement de la région Aquitaine soutient cette volonté de réouverture et est prêt à s’allier avec les pouvoirs publics espagnols, régionaux ou centraux, pour mettre sur pied l’exploitation de cet axe. Rappelons que côté français le Canfranc bénéficie d’un vrai soutien populaire. Des sondages répétés le prouvent. Dans toute l’Europe ce sont les opinions publiques qui réclament à leurs élus le report du trafic marchandise vers le chemin de fer. Nous saluons les pays d’avant garde qui , tels que la Suisse , la Hollande et bien sûr , l’ESPAGNE investissent davantage dans le rail que dans la route.
-6 L’Etat français, la SNCF et RFF ont montré depuis vingt ans qu’ils ne feront rien pour aider à cette réouverture.
-7 le CRELOC et la CREFCO se tiennent à la disposition des pouvoirs publics régionaux aquitains et aragonais pour les aider à travailler ensemble, avec le soutien jamais démenti de l’Union Européenne et aussi nous l’espérons celui de l’exécutif national espagnol, pour réussir ce projet dans les plus brefs délais.
Le conseil d’administration du CRELOC
Le Président Alain CAZENAVE-PIARROT 1 place Centrale OSSEN –65100 FRANCE
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CRELOC, avril 2005, Webmaster Paul Cazenave-Piarrot